Un écosystème en santé est un écosystème vivant

Comment notre écosystème a-t-il évolué au cours des dernières décennies? Quelles sont nos forces actuelles et nos fragilités?

Nathaly Riverin et Véronique Buisson se sont livrées sur notre capacité collective à soutenir l’entrepreneuriat innovant au Québec. Découvrez ci-dessous un résumé de leur discussion, et comment le sujet est aujourd’hui ancré dans l’actualité.

Portrait de nos intervenantes:

Nathaly Riverin est entrepreneure en série et stratège, créatrice du modèle pédagogique de l’École d’entrepreneurship de Beauce, fondatrice de Rouge Canari, du Think Tank en entrepreneuriat et du programme Persévérance Entrepreneuriale, pionnière dans l’accompagnement stratégique et la santé mentale des entrepreneur.e.s au Québec.

 

Véronique Buisson est Directrice générale du CEADS et de la communauté entrepreneuriale de Shawinigan, elle est experte en gestion de communauté, accompagnement stratégique, et développement d’écosystèmes entrepreneuriaux. Elle est convaincue que l’entrepreneuriat est un moteur puissant de transformation.

Véronique Buisson commence. Un écosystème, dit-elle, ce n’est pas quelque chose de parfait. C’est quelque chose de vivant! C’est un lieu où, ça pousse, ça connecte, ça circule, un peu comme un terreau.

« Pour qu’une population se sente capable d’entreprendre, elle doit l’apprendre. »

Alors, à Shawinigan, ils ont pris un pari, de ne pas seulement attirer des entreprises ou soutenir des projets, mais aussi d’enseigner l’entrepreneuriat à la base dans les écoles et dans la culture.

Elle regarde Félix-Antoine Huard, quelques minutes après son passage, et elle le dit presque comme une preuve : ça, c’est ce que ça donne quand un écosystème prend racine.

Puis Nathaly Riverin élargit: oui, il y a du vivant et des efforts. Mais elle rappelle une réalité plus dure : ce n’est jamais fini.

Un écosystème, ce n’est pas un projet: c’est un processus. C’est un travail continu, porté par des enseignant.e.s, des accompagnateur.trice.s, des élu.e.s et des entrepreneur.e.s eux-mêmes.

« Changer une culture, ça prend 25 ans. »

Et même là, rien n’est acquis. Elle ajoute quelque chose qui coupe net: c’est un chiffre. Ou plutôt, un signal: il y a de moins en moins d’entrepreneur.e.s.

« Quand un entrepreneur me dit qu’il se sent seul… il a peut-être raison. »

Et si le problème n’était pas dans la récolte… mais dans le jardinage?

 

On pourrait croire que tout commence quand une entreprise réussit et quand elle grandit, quand elle attire du capital, des talents mais aussi de l’attention!

 

Mais ce moment-là, en réalité, arrive quand même tard.

 

Il y a autre chose avant cela, comme:

  • des enseignant.e.s qui plantent des premières graines.
  • des environnements où l’on apprend à essayer.
  • des communautés qui rendent l’entrepreneuriat visible, possible, accessible.

 

Un écosystème cultive des personnes capables de créer.

 

Et parfois, même quand le jardin existe… et même quand les arbres ont poussé… quelque chose se joue ailleurs. Un écosystème ne doit pas seulement faire naître des entreprises; il doit faire naître des entrepreneurs. L’enjeu, ce n’est pas les 50 000 entreprises à vendre, c’est le départ à la retraite de plus de 50 000 entrepreneur.e.s.

 

Si on veut que l’effort de repreneuriat réussisse, que la greffe prenne, il ne faut pas juste mettre en valeur l’offre d’entreprises à vendre, ni chercher à tout prix des acheteurs. Il faut continuer de créer des entrepreneur.e.s, recycler ceux et celles qui ont essayé et les encourager à ré-entreprendre, potentiellement en re-prenant. Il doit aussi être capable de les faire durer, voire de leur donner une deuxième vie.

Et c’est peut-être là que le prochain défi commence.

Quand les entreprises ne disparaissent pas… mais attendent d’être reprises

 

Le gouvernement du Québec vient de poser un geste fort : nommer une « repreneure en chef » : Nathaly Riverin. 

D’ici cinq ans, 50 000 entreprises devront être transférées ou risquent de disparaître. Une vague silencieuse, mais massive, qui touche directement le tissu économique québécois.

Le ministre Samuel Poulin parle sans détour d’« hémorragie ».

Et Nathaly Riverin met des mots sur ce que cela signifie réellement : « On arrive à la fin de ce cycle, ce qui accélère le déclin de l’entrepreneuriat. »

 

Au Sommet MAIN, elle le disait déjà autrement : ce n’est jamais acquis. Un écosystème, même vivant, peut s’essouffler et les entrepreneur.e.s peuvent devenir plus rares. Ce que révèle la crise actuelle du repreneuriat, c’est un angle mort: qu’en est-il de la transmission?

Ce capital, fragile, est aujourd’hui considéré.

 

Nous souhaitons bonne chance à Nathaly dans cette nouvelle aventure. Comme elle l’exprimait, « parler aux entrepreneurs et trouver des solutions. » est important.

Le repreneuriat, c’est une continuité du jardinage: ça se cultive.