Budget du Québec 2026-2027; les principaux défis pour l’entrepreneuriat au Québec
Publié le 25 mars 2026
MAIN a épluché l’ensemble des mémoires prébudgétaires déposés par les acteurs et actrices de l’écosystème entrepreneurial. Vous trouverez ici notre interprétation des principales revendications et des principaux défis nommés ainsi que certaines réactions émises par les organisations.
Les cinq axes de revendications
tirés de 30 mémoires
Simplification : La CCMM, le FCEI et la CCIQ identifient les lourdeurs administratives comme problématique. Demande d’un registre centralisé des aides et d’un guichet unique.
Urgence Repreneuriat : Les organismes FCCQ, RJCCQ, Evol, La Ruche, le FCEI identifient le transfert d’entreprise comme une urgence prioritaire. On estime 50 000 transferts d’entreprise d’ici 2029. Demande de fonds d’appariement pour la relève et élimination des freins fiscaux.
Productivité & IA : AQT, CEGQ et HelloDarwin demandent un soutien ciblé sur l’adoption de l’IA et le maintien des zones d’innovation.
Inclusion : Les organismes comme Evol et OSEntreprendre plaident pour un statut d’étudiant entrepreneur et une meilleure inclusion des minorités dans l’entreprenariat et le financement des petites entreprises.
Protection : Nécessité d’un bouclier face aux tarifs douaniers américains.
Ce que le budget mentionne
Pari industriel (1,7 G$ sur 5 ans) : Focus sur les minéraux critiques, la défense et le manufacturier.
Innovation & IA (283 M$) : Financement direct pour l’adoption de l’intelligence artificielle, développer les zones d’innovation et créer une unité mixte en recherche photonique quantique
Simplification administrative : projet de loi n° 5, visant à accélérer les autorisations environnementales pour les projets stratégiques
Fiscalité maintenue : Reconduction du C3i (Crédit d’impôt à l’investissement) et autres crédits
Vitalité régionale : Injection de fonds dans les créneaux d’excellence et le programme DÉPART.
Propriété intellectuelle : 17 M$ sur trois ans (Axelys)
Certaines des réactions des organisations
La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) : globalement satisfaite de la prudence et du maintien de la cible de retour à l’équilibre budgétaire. La CCMM recommande de protéger la cote de crédit du Québec et de miser sur les secteurs d’avenir (énergie, défense, minéraux). Elle insiste sur la nécessité de réduire la sur-réglementation.
L’Association québécoise des technologies (AQT) : voit un pas dans la bonne direction pour les technologies. L’AQT prône une meilleure anticipation fiscale pour l’intégration de l’intelligence artificielle (via les assouplissements au CDAE-IA).
Le Conseil canadien des innovateurs (CCI) : juge que le gouvernement manque d’audace. Le CCI recommande d’utiliser les marchés publics (approvisionnement) pour soutenir l’innovation locale et demande une véritable stratégie d’adoption de l’IA au sein de l’état et une plus grande souveraineté numérique.
La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) : insatisfaite, elle parle d’un « rendez-vous raté » pour stimuler l’investissement. La FCCQ demande une baisse structurante du taux d’impôt plutôt que des programmes ciblés. Il y a un besoin de prévision et visibilité dans la gestion des grands projets d’infrastructures.
Le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ) : satisfait des orientations économiques globales. Le RJCCQ met toutefois l’accent sur le transfert d’entreprises et le soutien aux jeunes repreneurs via la bonification des fonds de développement (FDE et FCEQ).
La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) : fortement insatisfaite, juge le budget « sans saveur » pour les PME. Le FCEI prône des allègements fiscaux et administratifs généralisés (incluant une baisse de la taxe carbone). Il s’oppose à l’interventionnisme qui « choisit des gagnants » au lieu de soutenir l’ensemble du tissu entrepreneurial.
Et la suite? Les grands défis pour l’écosystème
1. Choc démographique et repreneuriat
miser sur le mentorat transferts privésPas d’entrepreneur.e.s, pas de repreneur.e.s.
2. Démocratisation de l’IA pour les petites structures
Les fonds étant orientés vers les projets de pointe, il faut organiser des solutions d’intégration d’IA à bas coûts ou collaboratives pour les PME. L’accès à la main-d’œuvre qualifiée et la complexité des programmes représentent une barrière.
3. Diversification des marchés et amélioration de notre compétitivité
Les entreprises québécoises doivent rapidement diversifier leurs marchés d’exportationmoderniser leurs opérations